La menace d�extinction s�intensifie sur les esp�ces les plus proches de l�homme

8/4/2008

Les singes et autres primates disparaissent � cause de la perte de leur habitat et de la chasse

Edinbourg, �cosse � Les esp�ces les plus proches de l�homme � les singes, les grands singes et autres primates du monde- sont en train de dispara�tre. Certaines sont litt�ralement d�vor�es jusqu�� l�extinction.

La premi�re revue exhaustive en cinq ans des 634 esp�ces mondiales de primates a montr� que pr�s de 50% d�entre elles sont en danger d�extinction, selon les crit�res de la Liste rouge des esp�ces menac�es de l�UICN.

Le rapport, r�dig� par les plus grands experts mondiaux sur les primates et rendu public lors du 22�me Congr�s de la Soci�t� internationale de primatologie � Edinbourg en �cosse, dresse un portrait effrayant de l��tat des primates partout dans le monde. En Asie, plus de 70% des esp�ces de primates sont cit�es sur la Liste rouge de l�UICN dans les cat�gories "vuln�rable", "en danger" ou "en danger critique d�extinction", ce qui signifie qu�elles peuvent dispara�tre � tout jamais dans un futur proche.

Les principales menaces sont la destruction de l�habitat par les incendies et le d�frichement des for�ts tropicales, qui sont �galement la cause d�au moins 20% des �missions* de gaz � effet de serre � l�origine des changements climatiques, ainsi que la chasse des primates pour l�alimentation et le commerce ill�gal de la faune sauvage.

�Depuis plusieurs ann�es, nous avons tir� le signal d�alarme sur la situation des primates, mais nous disposons aujourd�hui de donn�es concr�tes qui montrent que la situation est beaucoup plus grave que celle que nous avions imagin�e,� constate Russell A. Mittermeier, pr�sident de Conservation International (CI) et pr�sident de longue date du Groupe de sp�cialistes des primates de la Commission de la sauvegarde des esp�ces de l�UICN.  �La premi�re source de menace a toujours �t� la destruction de la for�t tropicale, mais il semble aujourd�hui que la chasse est une menace tout aussi grave dans certaines r�gions, m�me lorsque l�habitat y est encore intact. � certains endroits, les primates sont litt�ralement d�vor�s jusqu�� l�extinction.�

L��tude, financ�e par CI, la fondation Margot Marsh pour la biodiversit�, Animal Kingdom de Disney et l�UICN, rentre dans le cadre d�un examen sans pr�c�dent de l��tat des mammif�res dans le monde, document qui sera rendu public lors du Congr�s mondial de la nature de l�UICN � Barcelone en octobre.

L��tude sur les primates a re�u la contribution de centaines d�experts mondiaux et fournit des donn�es scientifiques illustrant les graves menaces qui p�sent sur ces esp�ces � l�ADN pratiquement similaire �  celui de l�homme.  Au Vietnam et au Cambodge, environ 90% des esp�ces de primates sont consid�r�es menac�es d�extinction. Les populations de gibbons, de semnopith�ques, de langurs et d�autres esp�ces ont baiss� � cause de la perte acc�l�r�e de l�habitat qui est aggrav�e par la chasse pour l�alimentation et pour r�pondre � la demande commerciale de faune sauvage pour la m�decine traditionnelle chinoise et les animaux de compagnie.   

�Ce qui se passe en Asie du Sud-est est terrifiant,� affirme Jean-Christophe Vi�, Directeur adjoint du programme sur les esp�ces de l�UICN. �Un telle situation, o� un groupe d�animaux soit aussi menac�, est in�dite au sein d�autres groupes d�esp�ces.�

Ailleurs, la survie d�autres esp�ces est menac�e,  des minuscules l�muriens microc�bes aux gigantesques gorilles des montagnes.  En Afrique, 11 des 13 esp�ces de colobes bais connues sont consid�r�es "en danger critique d�extinction" ou "en danger". Deux esp�ces sont peut-�tre d�j� �teintes : le colobe bai de Bouvier (Procolobus pennantii bouvieri) n�a pas �t� vu depuis 25 ans tandis qu�aucun repr�sentant vivant du colobe bai de Miss Waldron�s (Procolobus badius waldroni) n�a �t� observ� par un primatologue depuis 1978 malgr� des rumeurs occasionnelles sur sa survie.

Selon Richard Wrangham, pr�sident de l�IPS �parmi les esp�ces africaines, ce sont les grands singes comme les gorilles et les bonobos qui ont g�n�ralement canalis� l�attention. M�me si ces esp�ces sont tr�s menac�es, ce sont les plus petits primates comme les colobes bais qui pourraient dispara�tre en premier".

En tant qu�esp�ces qui nous sont les plus proches, les primates non-humains sont importants pour la sant� de leurs �cosyst�mes. A travers la dispersion des graines et d�autres interactions avec leur environnement, les primates contribuent au maintien de la vie de nombreuses esp�ces v�g�tales et animales des for�ts tropicales du monde. Des for�ts en bonne sant� fournissent des ressources essentielles aux populations humaines locales tout en absorbant et en stockant du dioxyde de carbone � la source des changements climatiques.  

Entretemps, les chercheurs continuent � am�liorer leurs connaissances des primates du monde et de leur r�le. Depuis 2000, 53 esp�ces de primates jusque l� inconnus pour la science ont �t� d�crits - 40 de Madagascar, deux primates d�Afrique, trois d�Asie et huit d�Am�rique du Centre et du Sud. En 2007, des chercheurs ont trouv� une population, qui avait fait longtemps l�objet de nombreuses rumeurs, de grands hapal�murs (Prolemur simus), une esp�ce en danger critique d�extinction, dans une zone humide situ�e � 400 kilom�tres du seul territoire connu de l�esp�ce. Cette esp�ce compte au total environ 140 individus � l��tat sauvage.

La Liste rouge de l�UICN d�termine un ensemble de crit�res permettant de classer une esp�ce comme menac�e. En l�absence des informations n�cessaires, l�esp�ce peut �tre class�e dans la cat�gorie "donn�es insuffisantes", dans laquelle pr�s de 15% des primates se trouvent selon cette nouvelle �tude. Plusieurs de ces esp�ces, et en particulier celles qui viennent d��tre d�couvertes, devraient finir dans la cat�gorie des esp�ces menac�es.

Malgr� ce sombre �tat des lieux, les responsables de la conservation attirent l�attention sur un succ�s notable suite aux efforts de r�habilitation des esp�ces. Au Br�sil, le tamarin-lion noir (Leontopithecus chrysopygus) et le tamarin-lion dor� (Leontopithecus rosalia)  sont pass�s de la cat�gorie "en danger critique d�extinction" � "en danger" en 2003, gr�ce � des efforts de conservation impliquant de nombreuses institutions pendant trois d�cennies. Les populations de ces deux esp�ces sont aujourd�hui bien prot�g�es mais restent tr�s petites, n�cessitant un reboisement urgent pour leur fournir un nouvel habitat n�cessaire � leur survie � long terme.

�Si vous avez des for�ts, vous pouvez sauver les primates,� affirme Anthony Rylands, chercheur � CI et vice-pr�sident du Groupe de sp�cialistes des primates de l�UICN.  �Le travail entrepris avec les tamarins-lions montre que la conservation des fragments forestiers et le reboisement pour cr�er des corridors entre ces fragments ne sont pas seulement essentiels pour les primates mais contribuent fortement au maintien d��cosyst�mes en bonne sant� et des ressources en eau, tout en r�duisant les �missions de gaz � effet de serre � l�origine des changements climatiques.�

Les chercheurs envisagent �galement de faire passer le gorille de montagne (Gorilla beringei beringei) de la cat�gorie "en danger critique d�extinction" � "en danger" au vu de l�augmentation de ses populations dans son unique habitat � les jungles de montagne prot�g�es du Rwanda, de l�Ouganda et de la R�publique d�mocratique du Congo. Cependant, le massacre de huit gorilles de montagne en 2007 et les troubles politiques qui perdurent dans la r�gion ont retard� cette reclassification pr�vue.

Sous embargo jusqu�� 1 a.m., heure d�Edinbourg, 5 ao�t 2008 

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Pour obtenir la liste des �valuations de toutes les esp�ces et sous-esp�ces de primates qui vont �tre incluses dans la version 2008 de la Liste Rouge des esp�ces menac�es de l�UICN en 2008 (www.iucnredlist.org) qui va para�tre en octobre, veuillez consulter le site web du Groupe de sp�cialistes des primates de la CSE/UICN (www.primate-sg.org)

Des photos sont disponibles sur : http://images.conservation.org/admin/packaging/viewtransmit_ext.aspx?messageId=102644&userName=jmin&session=633c3ffc58de63fcbf566fb7b628d91f

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Conservation International (CI) exploite les innovations dans le domaine des sciences, de l��conomie, de la politique et de la participation communautaire pour prot�ger les r�gions du monde les plus riches en diversit� v�g�tale et animale mais �galement les plus menac�es (hotspots de la biodiversit�), les grandes �tendues sauvages � forte biodiversit� ainsi que les principaux �cosyst�mes marins. CI, dont le si�ge se trouve dans la r�gion de Washington, D.C, travaille dans plus de 40 pays sur 4 continents. Pour plus d�informations sur CI, visiter www.conservation.org.

The International Primatological Society (IPS) ou la soci�t� internationale de primatologie a �t� cr��e pour encourager tous les domaines de la recherche sur les primates non-humains, pour faciliter la coop�ration entre les chercheurs de toutes nationalit�s impliqu�s dans la recherche sur les primates, ainsi que pour encourager la conservation de l�ensemble des esp�ces de primates. L�IPS est organis�e exclusivement � des fins de recherche et d��ducation non-caritatives. Pour plus d�informations sur l�IPS, visiter http://www.internationalprimatologicalsociety.org.

L�UICN, l�Union internationale pour la conservation de la nature aide le monde � trouver des solutions � nos d�fis les plus urgents en mati�re d�environnement et de d�veloppement, en soutenant la recherche scientifique, en g�rant des projets partout dans le monde, et en r�unissant des gouvernements, des ONG, les Nations unies, les conventions et les soci�t�s internationales afin de d�velopper ensemble des politiques, des lois et de bonnes pratiques.

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Le Programme de l�UICN pour les esp�ces soutient les activit�s de la Commission de la sauvegarde des esp�ces de l�UICN et de ses groupes de sp�cialistes, tout en appliquant des initiatives de conservation des esp�ces au niveau mondial. Il fait partie int�grante du Secr�tariat de l�UICN et il est g�r� depuis le Si�ge international de l�UICN � Gland en Suisse. Le Programme pour les esp�ces comprend plusieurs unit�s techniques qui se consacrent au commerce des esp�ces sauvages, � la Liste rouge, aux �valuations de la biodiversit� des eaux douces (toutes se trouvent � Cambridge, Royaume-Uni) et � l�initiative d��valuation de la biodiversit� mondiale (situ�e � Washington, DC �tats-Unis). www.iucn.org/species


*CI r��value r�guli�rement ses hypoth�ses et conclusions afin de s'assurer qu'elles soient compatible avec les sources de donn�es les plus r�centes et les plus fiables,  dans le but de fournir des informations exactes et � jour.  En cons�quence, en D�cembre 2009, nous avons actualis� nos estimations relatives aux �missions mondiales de gaz � effet de serre afin de refl�ter les donn�es scientifiques les plus actuelles. Nous estimons d�sormais que 16% des �missions de gaz � effet de serre r�sulte de la d�forestation et de l'exploitation foresti�re.

Voir notre fiche d�information sur la d�forestation, l�exploitation foresti�re et les �missions de GES (PDF - 2.7KB) pour plus de d�tails et sources de donn�es (en Anglais).

 

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