Zoom sur la santé des forêts tropicales: la plus grande étude mondiale de données collectées par caméras-pièges franchit la barre du million de clichés

2/12/2013

Les chercheurs du Tropical Ecology Assessment and Monitoring (TEAM) Network franchissent un nouveau cap dans leur mission de collecte de données sur la biodiversité au service de la préservation des services de protection des écosystèmes vitaux pour l’hom

 

Arlington, VA – Si une image vaut mieux que mille mots, que dire d’un million d’images ? C’est une question à laquelle les écologistes du Tropical Ecology Assessment and Monitoring (TEAM) Network s’apprêtent à répondre dans le cadre de travaux qui pourraient avoir un impact notable sur l’avenir de la biodiversité et de l’humanité. Ce partenariat mondial, qui étudie l’évolution des écosystèmes, de la biomasse, des précipitations et de la diversité des espèces dans les forêts tropicales, révèle aujourd’hui que son réseau étendu de caméras-pièges vient de capturer son millionième cliché. Ces photographies informent en temps réel les membres du TEAM Network sur les répercussions des changements propres au climat, à l’habitat et à l’utilisation des terres sur les populations d’animaux difficilement observables, changements qui affectent souvent la circulation des biens et services vitaux pour l’homme, ainsi que la santé des forêts tropicales.

Les membres du TEAM Network, dont la mission est d’alerter la communauté scientifique et le public sur les menaces pour la nature, ont suivi l’évolution de l’état des forêts tropicales pendant 10 ans, selon des méthodes standard de collecte de données sur la végétation, les mammifères, le climat, les lianes et les oiseaux dans 16 zones protégées de 14 pays d’Asie, d’Afrique et d’Amérique latine. Après 5 années d’étude de la biodiversité des oiseaux et mammifères à l’aide de caméras-pièges, le réseau vient de recueillir son millionième cliché, d’un jaguar insaisissable et pourtant immortalisé dans le parc national de Manu, au Pérou.

PHOTOS en téléchargement pour la presse.

« Cet échantillon d’un million de clichés donne une idée de l’ampleur des travaux que nous ont permis de réaliser nos caméras-pièges et symbolise la réussite de ce programme de collecte de nouvelles données », commente le Dr Jorge Ahumada, directeur technique de TEAM. « Alors que nous célébrons l’événement, nous sommes également sur le point de révéler aux leaders d’opinion locaux et internationaux des informations décisives sur la manière dont les changements climatiques et la destruction des habitats naturels affectent la biodiversité. » 
 
Les responsables des sites et techniciens de TEAM installent leurs caméras-pièges pendant la saison sèche, en collaboration avec des institutions locales partenaires, à raison d’une tous les 2 km² afin de quadriller toute la zone d’étude puis  collectent les clichés 30 jours plus tard. Chaque site recueille entre 10 000 et 30 000 photographies par an.
 
VIDEO sur l’installation des caméras-pièges
 
« D’habitude, l’objectif des initiatives de préservation de l’environnement n’est pas d’établir des records, pourtant la barre du million est néanmoins symbolique de l’ampleur exceptionnelle de ce programme », indique le Dr Joshua Ginsberg, vice-président exécutif de la Wildlife Conservation Society, l’une des institutions partenaires de TEAM. « Ces images vont nous permettre de développer et de tester des indicateurs mondiaux essentiels pour évaluer les effets des initiatives de préservation mondiales et informer la communauté mondiale de scientifiques sur l’état de plus en plus préoccupant de la biodiversité dans le monde. »
 
Les données sont collectées selon la même méthodologie sur tous les sites pour permettre aux chercheurs de TEAM d’étudier les changements au fil du temps et de les comparer d’un site à l’autre. Ces informations sont d’une aide précieuse pour les responsables des sites protégés en charge de préserver la biodiversité. « Le fait de recouper toutes ces données nous permet de disposer d’une vue d’ensemble sur l’impact des activités humaines sur ces écosystèmes et les services indispensables à notre survie, notamment de séquestration du dioxyde de carbone et de stabilisation du climat et des sols », précise M. Ahumada.
 
Dans leur premier rapport d’étude des données collectées par caméras-pièges, publié en 2011 (« Community structure and diversity of tropical mammals: data from a global camera trap network »), les chercheurs de TEAM concluaient que plus les réserves et habitats naturels étaient limités, plus la biodiversité des mammifères et leurs chances de survie étaient faibles. Concrètement, ces impacts se traduisent par une biodiversité et une variété de tailles des espèces moindres, ainsi que des régimes alimentaires moins variés. La collecte régulière de ces informations sur plusieurs sites aide à mieux comprendre les effets des menaces mondiales et régionales sur les mammifères de ces forêts et à prévenir leur extinction.
 
Le Dr Sandy Andelman, vice-présidente exécutive de Conservation International et directrice exécutive du TEAM Network, ajoute : « La plupart des travaux scientifiques actuels de conservation manquent d’ambition. Grâce à ce million d’images capturées, TEAM démontre qu’en appliquant la bonne technologie à la bonne échelle, il est possible d’obtenir un aperçu fidèle de l’évolution de la vie sur Terre. »
Le TEAM Network collabore actuellement avec la Commission de survie des espèces de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) afin d’intégrer les données recueillies par ses caméras aux évaluations mondiales des mammifères et oiseaux de l’UICN. TEAM a par ailleurs récemment rejoint le Biodiversity Indicators Partnership afin de développer de nouveaux indicateurs de suivi de la biodiversité pour la Convention des Nations Unies sur la diversité biologique.

L’initiative TEAM Network, issue d’un partenariat entre Conservation International, le Jardin botanique du Missouri, l’Institut Smithsonian et la Société pour la conservation de la vie sauvage (Wildlife Conservation Society), implique actuellement plus de 80 institutions locales partenaires. Elle est financée par les fondations Gordon and Betty Moore et Northrop Grumman, ainsi que par les subventions des institutions partenaires et des dons.
 
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NOTES DE RÉDACTION :
L’initiative TEAM de collecte de données en bref :
• Amérique latine, Afrique et Asie
• 16 sites :
o Barro Colorado Nature Monument – Parc national de Soberania (Panama)
o Parc national de Bukit Barisan Selatan (Indonesia)
o Forêt impénétrable de Bwindi (Uganda)
o Forêt nationale de Caxiuanã (Brazil)
o Réserve naturelle du Suriname central (Suriname)
o Parc national de Manu (Peru)
o Parc national de Korup (Cameroon)
o Manaus (Brazil)
o Zone nationale protégée de Nam Kading (Lao PDR)
o Nouabalé Ndoki (Republic of Congo)
o Réserve de Pasoh (Malaysia)
o Parc national de Ranomafana (Madagascar)
o Parc national des monts Udzungwa (Tanzania)
o Transect du volcan Barva (Costa Rica)
o Parc national de Yanachaga-Chemillén (Peru)
o Parc national et réserve de la biosphère Yasuni (Ecuador)
• Plus de 960 caméras-pièges
• 60 caméras dans chaque site
• 1 caméra tous les 2 km²
• Installation des caméras pendant 1 mois sur chaque site
• 16 sites étudiés à ce jour
• Documentation d’environ 35 espèces menacées ou en voie de disparition
 

Contenus pour la presse (***Crédits images à insérer***)
Album photo 2013 : https://ci.tandemvault.com/lightboxes/3qLUskRG9.
Vidéo du site de Bwindi : http://vimeo.com/55346388.
Album 2011 : http://www.smugmug.com/gallery/16284125_Z4sdC#!i=1426468491&k=fpCSGpg.
Site Web : www.teamnetwork.org
 
Pour en savoir plus, contactez :
Kevin Connor, Conservation International
Fixe : +1 703 341 2405 / Mobile +1 571 232 0455 / E-mail kconnor@conservation.org
 
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