Flore
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Avec sa faune et sa flore exceptionnelles, Madagascar a été toujours décrit comme un sanctuaire de la nature.  L’ile abrite environ 12000 à 14000 espèces de plantes avec un taux d’endémisme élevé à tous les niveaux taxonomiques : 5 familles endémiques, 161 des 490 arbres autochtones endémiques, et 96% des 4220 espèces endémiques. Mise à part son importance biologique, les plantes malgaches offrent des services et des biens considérables pour la population : bois de service, plantes médicinales, plantes alimentaires, plantes cosmétiques, plantes ornementales, produits forestiers non ligneux, purificateur d’air, habitat de la faune. Cette richesse floristique est cependant soumise à de nombreuses pressions d’intensité variable, souvent anthropiques et pouvant même conduire  à sa disparition.


Des outils pour une meilleure connaissance et une politique bien fondée de la conservation

Dans le but de conserver et de gérer durablement ces ressources, des initiatives ont été entreprises tant par les services publics, les scientifiques que par les différents organismes de conservation. Des outils ont été produits pour mettre à la disposition de tous les acteurs à tous les niveaux l’importance d’une politique de conservation et de gouvernance du patrimoine floristique malgache. A titre d’exemple, le manuel sur la Flore générique des arbres de Madagascar, le Catalogue des plantes menacées de Madagascar, le Guide des familles endémiques de Madagascar, l’Atlas de végétation de Madagascar, le Guide des plantules,… . La production de ces outils a eu l’appui financier de Conservation International-Madagascar.


Des études scientifiques sont effectuées

Environ 3000 espèces de plantes ont été soumises au programme « Espèce » de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) pour être inscrite sur la liste rouge. 251 espèces  appartenant à 122 genres et 46 familles  ont fait l’objet d’une évaluation selon les critères UICN : 48 espèces soit 19%  sont classées en danger critique ou CR 109 soit 43% en danger ou EN, et 94  soit 38% sont vulnérables ou VU


Conservation ex-situ : pour prévoir la disparition des espèces

Des essais sylvicoles sont menés par les institutions de recherche telles que Silo National des Graines Forestieres (SNGF), Foibe Fikarohana momban’ny Fambolena (FOFIFA) et par des privés en vue de conserver ex-situ les espèces menacées ou de les produire en pépinière pour la restauration forestière, pour l’embellissement des paysages, pour la vente. Le cas de Sohisika (Schizoleana tampoketsana, CR) dans la forêt d’Ankafobe peut être cité ici. Sa conservation a permis à la communauté de développer une stratégie de valorisation de l’espèce et de son habitat par le biais de l’écotourisme communautaire. La production de plants en pépinière puis la vente ont généré des revenus à l’association communautaire protectrice de l’espèce. Grâce à Conservation International –Madagascar et  à Missouri Botanical Garden, l’espèce a pu être protégée de sa principale menace, le feu, et a contribué à l’amélioration des revenus de la communauté par l’écotourisme communautaire, la vente de plants autochtones et le développement d’activités génératrices de revenu (pisciculture, apiculture, pépinière communautaire).


Conservation in-situ : pour la viabilité de l’espèce

L’existence des aires protégées assure la conservation in-situ et de ce fait la viabilité des espèces : Adansonia suarezensis dans la Montagne des Français, Delonix velutina (CR)  à Orangea, Pentachlaena latitolia (EN) dans le massif de l’Ibity, Dypsis decipiens (EN) à Itremo, Phyllanthus philippioides (CR)  à Tsinjoarivo, Dypsis sp dans le corridor Ankeniheny-Zahamena. Conservation International-Madagascar œuvre activement dans la conservation de toutes ces espèces endémiques menacées à travers la contribution financière dans la mise en protection de ces sites


Plantes à multiples valeurs

Les plantes sauvages apparentées aux plantes cultivées (riz, vanille, café, banane, igname,..) représentent  un potentiel énorme dans l’amélioration des variétés culturales. Elles peuvent fournir des gènes utiles dans la résistance aux maladies et aux insectes ravageurs et  constituer aussi des ressources alimentaires en période de soudure (cas de Dioscorea, igname sauvage). Les plantes représentent une source non négligeable de molécules ayant des principes actifs à visée thérapeutique et phytosanitaire. La bioprospection menée depuis plus d’une dizaine d’années dans différents écosystèmes de Madagascar par International Cooperative Biodiversity Group (ICBG) dont Conservation International est membre actif, représente un bel exemple de l’importance des plantes pour le bien-être humain. Les plantes ornementales telles que Euphorbia itremensis, Pachypodium brevicaule sont parmi les espèces les plus prisées par les exportateurs en flore.