RAP
Photo by : Keith Ellenbogen/ILCP
 

Le Programme RAP (Evaluation Biologique Rapide), un outil scientifique préconisé par CI et ses partenaires, a contribué à la conservation de la biodiversité à Madagascar. Il a servi de levier pour chercher du financement.

Au cours des 15 dernières années, des évaluations biologiques rapides au niveau terrestres, eau douce et marines ont été menées à Madagascar. Les évaluations terrestres ont été réalisées dans la Réserve Naturelle Intégrale d'Ankarafantsika (Février 1997), dans le corridor Mantadia Zahamena (Novembre 1998 - Janvier 1999), dans la Réserve Spéciale de Bora (août 1999), dans la Réserve Spéciale de Tampoketsa Analamaintso (Septembre 1999),dans  la Réserve Spéciale de Marotandrano (Septembre 1999), dans la forêt classée de Bongolava (Décembre 2004), et dans la Forêt Andrafiamena (Juin 2007). Celles des marines furent menées  dans le Nord-Ouest (Janvier 2002) et Nord-Est de l’ile (2006 et 2010). La rivière de Nosivolo a été sujet d’évaluation biologique rapide en Décembre 2006. D’autres inventaires biologiques ont été faits par les partenaires mais ont été financés par Conservation International. Parmi ces inventaires, celui effectué par ZICOMA (2002) dans le complexe Mahavavy Kinkony, par Missouri Botanical Gardens (2004)dans la Montagne d’Ibity et d’Itremo, par l'Institut pour la Conservation des milieux tropicaux (2005)dans la forêt classée de Vondrozo  et par le Peregrine Fund (2008) dans le complexe de Bemanevika.

La découverte d'espèces nouvelles est l'un des points forts du processus RAP. La réapparition d'une espèce qui est considérée comme éteinte, la résurrection d’un taxon identifié comme non valide ne soint pas moindre. Citons les cas de l’oiseau Aythia inotata (Onjy), des poissons Ptychochroimoides itasy (Trondro mainty), Paretroplus menarambo (Damba menarambo).


Stratégies : disponibilité de données fiables dans le meilleur délai

Le RAP peut recueillir un maximum d'informations sur un site donné dans un temps très limité. Les caractéristiques de chaque type d'habitat et les menaces qui pèsent sur les animaux sont notés. Les données collectées dans le cadre du RAP sont extrêmement précieux pour la conservation car elles sont rapidement disponibles et utilisables pour une prise de décision.


Des impacts sur la conservation

Les sites d'importance mondiale pour la conservation doivent être identifiés à travers des processus scientifiques. Dès fois les renseignements requis ne sont pas toujours disponibles car certaines zones sont inaccessibles et ne sont donc pas évalués de manière complète. Le RAP répond au manque d’inventaire pour produire une liste taxonomique, surtout pour les écosystèmes tropicaux. Les résultats sont utilisés de différentes manières à la conservation : pour la distribution d'une espèce donnée (Mantella cowani, CR; Prolemur simus, CR); pour l'identification d'un site prioritaire pour la conservation grâce à la présence d'une biodiversité exceptionnelle (rares, endémiques, vulnérables, répartition restreinte), pour la justification pour l’extension ou la création d'une nouvelle aire protégée et la création d’un site Ramsar.

Concernant le milieu marin, les évaluations biologiques rapides permettent de connaitre les espèces qui se réfugient dans les récifs coralliens, d'évaluer la santé et l'état du récif. Elles sont également utilisées pour évaluer le potentiel touristique, les stocks de ressources marines (poissons commerciaux, poulpes, etc.). Avec le RAP marine, on a pu établir un indicateur de suivi de l'état de la biodiversité marine et proposer une mesure de conservation basée sur des données scientifiques recueillies au cours d'observations sous-marines.