Faune
Photo by : James MacKinnon
 

Avec sa richesse en biodiversité, dont la plupart est endémique au pays, avec les différentes pressions menaçantes qui accélèrent la disparition de ce patrimoine mondial, Madagascar est une priorité mondiale en termes de conservation de la biodiversité. La diversité des primates est exceptionnelle avec 101 espèces et sous espèces toutes endémiques. Les cinq familles d'oiseaux endémiques représentent les 51% de la diversité. Sur les 370 espèces de reptiles, 90 % sont endémiques. Les amphibiens sont uniques pour le pays car avec les 278 espèces recensées presque 100% ne se trouvent nulle part ailleurs.


Des sites à faune exceptionnelle

La faune demeure une attraction pour les amoureux de Madagascar. Les quatre aires protégées les plus visitées de l’île abritent chacune des faunes qui leurs sont particulières. L’ oiseau Pseudocossyphus bensoni est restreinte à Isalo. Les lémurs Hapalemur aureus, Prolemur simus et l’ oiseau Philepitta castanea sont faciles à voir à Ranomafana. L’aigle Haliaeetus vociferoides et l’ oiseau Xenopirostris damii sont à Ankarafantsika. Le fameux Indri indri et la famille endémique d’oiseaux Brachypteraciidae sont du côté d’Analamazaotra et de Mantadia. Le corridor Ankeniheny Zahamena abrite aussi les oiseaux Tyto soumagnei et Eutriorchis astur . D’autres aires protégées sont classées site pour «  l’alliance for zero extinction » (AZE) grâce à  la présence élevée de sous-population d’une espèce en danger critique d’extinction (CR) et/ou en danger (EN). C’est le cas de la Baie de Baly avec la tortue Astrochelys yniphora et la Montagne d’Ambre abritant Monticola erythronotus .

Des sites abritant une faune exceptionnelle et classée en danger suivant le statut de conservation défini par l’Union International pour la Conservation de la Nature (UICN), ont été proposés pour faire partie des Nouvelles Aires Protégées (NAP). Ankaratra est spécialement dédié à la conservation des grenouilles Boophis williamsii et Mantidactylus pauliani; Bemanevika pour l’oiseau Aythya innotata ; Complexe Mahavavy Kinkony pour Amaurornis olivieri ; Fohisokina pour la grenouille Mantella cowani ; Mahabo Mananivo pour le lémur Eulemur cinereiceps ; Mangabe pour la grenouille Mantella aurantiaca; Nosivolo pour le poisson Oxylapia polli et Tsinjoarivo pour le lémur Propithecus diadema. Quant à Ambodivahibe, il a été choisi comme NAP en abritant  Cheilinus undulatus.

Toutefois, la richesse biologique de Madagascar fait face à de nombreuses menaces telles que la déforestation, la dégradation de l’habitat, l'invasion d'espèces exotiques et la surexploitation des ressources y compris la chasse illicite.


Stratégies pour la conservation de la faune malgache

De nombreuses initiatives ont été promues par Madagascar pour protéger l'environnement et  aussi pour conserver la biodiversité, pour réduire et atténuer les menaces. CI a participé activement dans différents domaines. Citons l’élaboration du plan et de la stratégie de conservation de certains groupes taxinomiques (amphibiens, tortues, lémuriens), le plan d'action sur les impacts du changement climatique, le plan stratégique de prévention et de lutte contre l’introduction de la maladie dû au chytride laquelle peut décimer la population de grenouille à Madagascar.

Madagascar est parmi les pays où l’évaluation du statut de conservation des espèces de faunes suivant le processus de l’UICN est presque complète : les amphibiens (2003), les poissons (2004), les mammifères (2005), les tortues (2008) et les autres reptiles (2011). Les processus ont permis d’identifier des sites d'importance biologique. Les données scientifiques obtenues ont été utilisées pour soutenir la création de 38 nouvelles aires protégées, d’aider l’Autorité scientifique CITES à Madagascar.

Pour permettre à la communauté scientifique internationale de disposer de données homogènes sur l’état de la biodiversité dans le monde, l’Initiative TEAM (Tropical Ecology, Assessment and Monitoring) lancée par Conservation International, se propose de développer un réseau de stations de recherche, sur des sites clés des écosystèmes forestiers tropicaux. L’objectif principal étant de faire un suivi et une prévision à long terme des modifications de la biodiversité, constituant ainsi un système d’alerte précoce.