Le Programme Marin
 
 

Madagascar dispose de près de 5600 kilomètres de côtes desquelles dépendent près de 55% de la population Malagasy pour leurs subsistances notamment l’alimentation, les sources d’énergie, les matériaux de construction.

Le Nord de Madagascar est réputé riche en biodiversité terrestre. Mais la biodiversité marine y est plus qu'exceptionnelle ! Et CI Madagascar mène un programme dans cette partie de l'ile. Des évaluations écologiques et économiques sur la richesse de la biodiversité marine y ont été faites en 2002, 2006 et 2010.

Plusieurs sites se sont particulièrement démarqués durant les évaluations telles que Nosy Iranja dans le Nord-ouest et la baie d’Ambodivahibe dans le Nord-est. 


Des richesses exceptionnelles menacées

La baie d’Ambodivahibe possède une géomorphologie inhabituelle pour le Nord-est de Madagascar, présentant un substrat corallien en excellente condition sans aucun signe de blanchissement. Cela est dû à la profondeur de la Baie ainsi qu’à un phénomène de remontée de l’eau des profondeurs vers la surface qui entraine un refroidissement naturel de l’eau de surface. La Baie possède une richesse exceptionnelle en biodiversité marine dont des espèces de poissons particulièrement en danger. En effet, cette richesse est menacée par un risque de surexploitation et de destruction des habitats.

Historiquement, la pression de la pêche est faible dans la Baie. Cela est dû d’une part, à la faible densité de la population de pêcheurs travaillant dans les environs de la Baie et d’autre part, à l’intensité du Varatraza, qui souffle près de huit mois sur douze dans la région.

Cette situation a cependant changé depuis quelques années avec l’arrivée de nouveaux pêcheurs, faisant suite à l’expansion de la ville d’Antsiranana et l’accroissement conséquent de la demande en produits halieutiques, et à l’accroissement de la migration saisonnière des pêcheurs. Outre l’augmentation du nombre d’exploitants et de l’effort de pêche, ces pêcheurs font usage de matériels de pêche destructeurs tels que les sennes de plage, les fusils à harpons, qui menacent la richesse et l’état de l’écosystème dans la Baie.


La gestion locale pour améliorer le bien-être des communautés côtières

En 2006, CI a initié avec les communautés de pêcheurs locaux la mise en place d’une Aire Marine Protégée (AMP) d’une superficie de 11,400 hectares dans la baie.  L’AMP d’Ambodivahibe est conçue non seulement pour lutter contre les menaces sur la santé de l’écosystème dans la baie, mais aussi pour maximiser les opportunités économiques identifiées en partenariat avec les collectivités locales. Les objectifs étant multiple:

  • protéger les espèces de poissons en voie de disparition à l'échelle mondiale présentes dans la baie,  
  • maintenir  la santé des habitats marins, fournir une pêche durable pour les collectivités locales
  • améliorer les moyens de subsistance des pêcheurs locaux
  • sensibiliser davantage et accroitre la compréhension de l'importance de la vie marine pour le bien-être de l'humanité.


Les premiers résultats probants, Ivovona déclaré «  réserve pilote » dans la région de Diana

Pour atteindre ces objectifs, la première réserve marine gérée par les communautés locales dans le Nord de Madagascar a été mise en place à Ivovona dans la zone d’Ambodivahibe en 2010. Cette réserve a été fermée à la pêche pour 4 mois. A l’ouverture, une capture totale de 610 kilos a été effectuée par les 40 pêcheurs présents pour une sortie de pêche de deux heures. Durant la cérémonie d’ouverture officielle  de la réserve en Mars 2011, le succès retentissant de la réserve a incité le Directeur Régional du Développement Rural de la région DIANA à qualifier la réserve marine d’Ivovona de « réserve pilote » pour toute la région DIANA. Les villages environnants sont actuellement appuyés par CI pour mettre en place des réserves marines gérées localement dans le but d’améliorer le revenu de la pêche.


Autres appuis apportés à la communauté

Notons que depuis 2006, CI n’a cessé d’appuyer les communautés locales de la Baie d’Ambodivahibe dans leur engagement pour la gestion durable des ressources en améliorant leur bien-être : à travers la création d’écoles, l’adduction d’eau potable, l’appui aux activités génératrices de revenu et surtout le renforcement des lois coutumières ou  « dina » dans la gestion des ressources marines.