Le corridor forestier du Bongolava, d’une superficie de 110 000 ha, fait partie des nouvelles Aires Protégées mises en place dans le cadre de la mise en œuvre de la vision de Durban. On le dénomme le « château d’eau » de la sous-région SOFIA Sud, incluant le District de Port-Bergé au Nord et celui de Mampikony au Sud. Ses nombreuses sources en eau sont importantes pour le développement de l’agriculture et particulièrement la riziculture. Ce site est aussi caractérisé par la diversité biologique tant floristique que faunistique. Il renferme également des sites culturels et cultuels pour les communautés riveraines.
Les populations locales riveraines de ce corridor sont fortement dépendantes des ressources naturelles. Les techniques agricoles améliorées ne sont pas encore pratiquées. Les agriculteurs utilisent les feux sans tenir compte des techniques requises pour le nettoiement du terrain de culture avoisinants. Les coupes sélectives de produits ligneux et non ligneux se font dans la forêt pour satisfaire la demande de la population urbaine en bois. Cette pratique apporte des revenus complémentaires aux communautés. Ainsi, il n’est guère étonnant si une diminution de la couverture forestière est constatée entrainant la dégradation des écosystèmes forestiers.
Biodiversité unique
La forêt de Bongolava abrite une biodiversité unique, dont plus de 500 espèces de plantes et 18 espèces de faune. Certaines espèces se trouvent dans la liste d'espèces menacées de l'UICN. La tortue Erymnochelys et le poisson aigle Haliaetus vociferoides de Madagascar sont au bord de l'extinction.
Une gestion du capital naturel est requise
Les stratégies pour sauver Bongolava sont basées sur la gestion durable des ressources naturelles et de l’amélioration de la qualité de vie de la communauté riveraine. Conservation International (CI) travaille en étroite collaboration avec les services techniques, secteurs privés, autorités et les communautés locales. Une collaboration avec les partenaires financiers tels que Agha Khan Foundation est developpée pour les appuis des alternatives aux pressions sur les ressources naturelles et les petits projets de développement ruraux en faveur de communautés. D’une manière stratégique, CI se réfère au concept d’une « économie saine et durable » (healthy sustainable economy), où le capital naturel sera géré d’une manière durable permettant ainsi de fournir les services des écosystèmes au bénéfice de la population.
Des étapes bien définies
- Création définitive et gestion de la Nouvelle Aire Protégée ;
- Développement des activités liées aux moyens de subsistance ;
- Structuration et opérationnalisation de la gouvernance de la Nouvelle Aire Protégé
- Développement et mise en œuvre des mécanismes pérennes de valorisations des services des ecosystems
Plus d’une décennie d’activités
Depuis 1997, Conservation International est intervenu dans le Corridor forestier Bongolava avec divers projets ayant pour objectifs la gestion durable des ressources naturelles.
Dans le cadre du Programme Environnemental phase II (1998-2003) et à travers le Projet COEFOR (Contribution à l’Etude des Forêts Classées), des études ont été menées dans la Forêt Classée de Bongolava en vue de l’élaboration et de la mise en œuvre du plan d’aménagement de cette forêt classée. Ce plan est tourné vers la valorisation des ressources naturelles.
Dans le cadre de Programme Environnemental phase II (PEII : 1998-2003), à travers différents financements du Programme MIRAY, les activités menées étaient surtout orientées vers la gestion durable des ressources naturelles. Des transferts de gestion étaient mis en place dans et à la périphérie de cette forêt classée. Conservation International a commencé à développer des partenariats et a renforcé la capacité des nouveaux partenaires, à l’exemple du Fikambanana Bongolava Maitso (FBM). Des structures de concertation locales ont été mises en place dont le Comité de Développement Départemental (CDD) Tambabe Port Bergé.
Dans le cadre du Programme Environnemental phase III (PEIII : 2003-2009), un programme d’évaluation rapide de la biodiversité de la zone a eu lieu.
A travers différents financements apportés par Conservation International, les activités ont été focalisées dans la création de la nouvelle Aire Protégée de Bongolava. Des communications de proximité ont été faites grâce à la mise en place des communicateurs locaux, le club Bongolava Maitso (CBM). Des consultations locales ont été menées de mars à Août 2008. Elles ont abouti à la reconnaissance et l’implication des communautés riveraines sur la création de la Nouvelle Aire Protégée. Des données supplémentaires sur les personnes affectées par le projet est faite. Des études sur les ressources en eau et sur les viandes de brousses ont été menées respectivement en collaboration avec la FIKRIFAMA (Fifanampiana Kristianina ho an’ny Fampandrosoana eto Madagasikara) et Madagasikara Voakajy (MAVOA). Des études sur la sécurité alimentaire ont été faites dans cinq communautés liées à la Nouvelle aire protégée en 2010. La mise en place d’Unités locales de Gestion est en étude. Une collaboration avec la fondation Agha Khan pour développer le Système de Riziculture Irrigué ou amélioré est en cours de développement.
Des résultats en exergue
La Nouvelle Aire Protégée a obtenu un arrêté temporaire le 16 Septembre 2006, faisant suite à la déclaration commune signée conjointement par le PDS (Président Délégation spéciale) du Faritany Mahajanga et le Chef Région SOFIA. Bongolava a actuellement un Plan d’Aménagement et de Gestion. Un premier draft du Plan de Gestion Environnementale et de Sauvegarde Sociale (PGESS) a été élaboré. Le processus de création de cette nouvelle aire protégée se poursuit actuellement avec la mise en place de la structure de gestion avec l’implication de plusieurs acteurs sur différents niveaux.