Valeur de la biodiversité

 

 
 

Avec 1,7 millions d'espèces, la biodiversité est l'un des plus grands capitaux de la planète. Un capital pourtant encore méconnus de la science car 8 à 100 millions d’espèces restent encore non déterminées. Cette richesse qu’est la biodiversité est pourtant en danger car plus de 16.000 espèces d'animaux et de plantes sont qualifiées d’être menacées d'extinction: un mammifère sur quatre, un oiseau sur huit et un amphibien sur trois.

Madagascar est considéré comme une priorité mondiale en terme de conservation de la biodiversité. L'île abrite cinq familles de plantes endémiques, d’environ 14000 espèces végétales, dont près de 90% sont endémiques. La diversité des primates est exceptionnelle avec 101 espèces et sous espèces toutes endémiques. Les cinq familles d'oiseaux endémiques  représentent les 51% de la diversité. Sur les 370 espèces de reptiles, 90 % sont endémiques. Les amphibiens sont uniques pour le pays car avec les 278 espèces recensées, presque 100% ne se trouvent nulle part ailleurs. Cet écosystème très riche en taxons est plus résistant et a une capacité d’adaptation aux stress externes que celui où le nombre d’espèces est limité.


Un capital pourtant à risque

Il a été évalué que, durant la dernière moitié du 20ème siècle, l'homme a modifié les écosystèmes plus rapidement et plus profondément que pour toutes autres périodes comparables de l'histoire. L’un des facteurs déterminant ce déclin rapide est la réponse aux  besoins croissants en nourriture, en eau douce, en bois, en fibres et en combustibles de l’ humanité. Deux tiers des services écosystémiques auxquels nous dépendons sont dégradés. Par ailleurs, la richesse biologique de Madagascar fait face à de nombreuses menaces telles que la déforestation, la dégradation du sol et de l’habitat, l'introduction d'espèces exotiques et la surexploitation des ressources incluant la chasse et le trafic.


Faire face aux problèmes

Madagascar a élaboré et a adopté des initiatives, des mesures et des politiques stratégiques afin de réduire, d'atténuer les menaces, de protéger l'environnement et aussi de conserver la biodiversité. A l’exemple du plan stratégique pour la gestion des ressources phytogénétiques, du plan et de la stratégie de conservation de certains groupes taxinomiques de faune (amphibien, tortues), du plan d'action sur les impacts du changement climatique.

 

La science à la base des stratégies

Plusieurs programmes d’évaluation biologique rapide (RAP) terrestres et marines ont été menés par CI à Madagascar. Les tendances démographiques et la répartition des espèces font partie des critères utilisés pour déterminer si une espèce est menacée ou non. Une telle information est cruciale dans le mécanisme d'évaluation de l'état de conservation des espèces de faune et de flore suivant le processus de l'UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature): l'évaluation du statut de conservation des espèces d’amphibiens (2003), des poissons (2004), des mammifères (2005), des tortues (2008) et des autres reptiles (2011). Le cas de la flore est en cours. Ces processus ont permis d’identifier des sites d'importance biologique et les données scientifiques obtenues ont été utilisées pour soutenir la création des 38 Nouvelles Aires Protégées (NAP).


Sécuriser les habitats clés

Les NAP abritent des espèces globalement menacées. Pour Ankaratra, notons les grenouilles Boophis williamsii et Mantidactylus pauliani; pour Bemanevika : l’ oiseau Aythya innotata ; à Fohisokina, il y a la grenouille Mantella cowani ; à Ibity  la plante Aloe ibitiensis. De même pour Itremo avec la plante Dypsis decipiens ; à Mahabo Mananivo, il y a le lémur Eulemur cinereiceps ; à Mangabe, la grenouille Mantella aurantiaca ; dans la Montagne des Français, le baobab Adansonia suarezensis ; dans la rivière Nosivolo,le poisson Oxylapia polli et à Tsinjoarivo le lémur Propithecus diadema. Ambodivahibe abrite le poisson Cheilinus undulatus. La sécurisation d’un habitat-clé assure le maintien d’un ou de plusieurs service(s) écologique(s) bénéfique pour le bien être humain.