Initiatives
Les pêcheurs rentrent au village
© CI/Photo by Toky Rasolofoarimanana
 

L’homme ne peut pas vivre sans la nature. Loin d’être une hypothèse, c’est une vérité. En effet, nous n’osons pas penser un futur sans air, sans eau, sans aliment pour nos générations! Mais ceci dépend de la pérennité des forêts, des sources d’eau, de la biodiversité, … de la nature en bref !  CI se penche sur six initiatives afin d’atteindre ses objectifs. L’organisme déploie ses efforts sur la pérennité et la qualité de  l’eau, du climat, de l’alimentation, de la biodiversité, de la santé et de la culture. Ces paramètres étant reconnus comme importants pour le bien-être de l’homme et pour le développement économique durable de la nation.


L'eau

L'eau est une richesse. Elle est vitale, étant la principale composante de tous les organismes vivants, le principal facteur qui contrôle le milieu naturel, la vie animale et végétale. Cependant, le système d’eau douce est très menacé par le tarissement, la pollution, l’exploitation irrationnelle des espèces, l’introduction d’espèces exotiques et le changement du climat. Les populations les plus pauvres font déjà face à une diminution des ressources en eau disponibles. Les défis sont énormes pour assurer les ressources en eau indispensables aux besoins croissants des populations, pour protéger des écosystèmes très fragiles et vulnérables et préserver la prospérité économique.


Le changement climatique

Le changement climatique est un phénomène naturel aggravé par les activités humaines. Il constitue le plus grand problème environnemental de notre temps.  Si nous ne prenons pas des actions immédiates contre le changement climatique, l’humanité, les écosystèmes et toute vie sur terre feront face à des dommages irréversibles.  Nous avons besoin d’agir rapidement mais aussi de tirer profit des solutions existantes pour prévenir les dégradations de notre planète. Les écosystèmes naturels offrent des opportunités pour réduire les émissions des  gaz à effet de serre d’une manière importante et pour préserver le potentiel adaptatif de notre biosphère.


Sécurité alimentaire

Madagascar figure parmi les pays pauvres du monde entier. 80% de la population ont un revenu au-dessous de 2 USD par jour ; le rang d'IDH (Indice de Développement Humain)  est au 135ème sur 169 ; l'incidence de pauvreté  dans les zones urbaines  est de 54.2% et  82.2% dans les secteurs ruraux ;  30-50% des Malgaches sont sous alimentés. Ceci  est dû à multiples facteurs : catastrophes naturelles (sécheresse, inondations, cyclones, invasions de sauterelle), régime politique instable, croissance démographique élevée, faible productivité, politiques économiques inadéquates. La sécurité alimentaire dans les pays en voie de développement comme Madagascar dépend largement de l'utilisation durable des ressources naturelles. Les services des écosystèmes contribuent fortement à la réduction de l’insécurité alimentaire. Malheureusement, ces écosystèmes sont fortement menacés par différentes pressions humaines : la déforestation, la conversion des zones humides en terrain de culture,…


Valeur de la biodiversité

Avec 1,7 millions d'espèces, la biodiversité est l'un des plus grands capitaux de la planète. Un capital pourtant encore méconnu de la science car 8 à 100 millions d’espèces restent encore non déterminées. Cette richesse qu’est la biodiversité est pourtant en danger car plus de 16.000 espèces d'animaux et de plantes sont qualifiées d’être menacées d'extinction : un mammifère sur quatre, un oiseau sur huit et un amphibien sur trois.

Madagascar est considéré comme une priorité mondiale en terme de conservation de la biodiversité. L'île abrite cinq familles de plantes endémiques, d’environ 14000 espèces végétales, dont près de 90% sont endémiques. La diversité des primates  est exceptionnelle avec 101 espèces et sous espèces toutes endémiques. Les cinq familles d'oiseaux endémiques  représentent les 51% de la diversité. Sur les 370 espèces de reptiles, 90 % sont endémiques. Les amphibiens sont uniques pour le pays car avec les 278 espèces recensées, presque 100% ne se trouvent nulle part ailleurs. Cet écosystème très riche en taxons (groupes) est plus résistant et a une capacité d’adaptation aux stress externes que celui où le nombre d’espèces est limité.


La sécurité en santé

La sécurité en santé se définit par la diminution de l’émergence et de la prévalence des maladies provoquées par le contact de l’homme avec son environnement naturel. La qualité de la santé et l’intégrité des ressources naturelles ainsi que le développement d’un pays sont irrévocablement interdépendants.


La culture

La valeur de l’homme, sa sécurité ainsi que l'ensemble de ses activités économiques s’appuient fortement aux services culturels fournis par les écosystèmes naturels et la biodiversité. Ces liens culturels  sont vitaux. A Madagascar, les communautés locales ont développées des cultures et modes de vie complexes en réponse à  la richesse et à la diversité des écosystèmes dont ils dépendent pour leur subsistance. Aussi, elles en prennent soin et les préservent. Prenons l’exemple des forêts que les communautés considèrent comme sacrées. Leurs ancêtres y sont enterrés. Des animaux et des plantes qu'elles considèrent sacrés y vivent. Ces forêts sont gérées volontairement par les collectivités locales dans l'intention de les conserver, de soutenir l'utilisation des ressources naturelles, de préserver la tradition, la  culture et l’héritage spirituel. On peut conclure que l’existence de ces forêts est très importante dans la conservation aussi bien de la biodiversité que de l’écosystème mais aussi de la culture à Madagascar. Conservation International  appuie ces initiatives locales en travaillant  dans des forêts sacrées telles celles à Antoetra (COFAV), à Antenina et à Tongalaza,  à Nosy Lonjo (Complexe Ramena),  dans la forêt de Baobab dans le Menabe. Outre les forêts, notons aussi les grottes et les lacs sacrés du complexe  Mahavavy-Kinkony.