L'édition 2013 de l'Ocean Health Index (Indice de santé des océans) révèle des résultats médiocres quant à l'approvisionnement en nourriture

10/15/2013

Les îles du Pacifique et l'Europe détiennent le palmarès, avec des océans sains. La protection des côtes reste une préoccupation pour l'avenir.

 
Arlington, Virginie. (3 octobre 2013) – L'approvisionnement en nourriture était le résultat le plus bas, à 30 sur 100, du baromètre sur la santé des océans, lorsque les chercheurs ont annoncé aujourd'hui les résultats 2013 de l'Ocean Health Index (Indice de la santé des océans) - la première évaluation de la santé des océans qui considère les humains en tant qu'éléments de l'écosystème océanique. L'Indice a aussi révélé que l'Océanie (Pacifique occidental et central) et l'Europe étaient les régions en tête du classement. En dépit des variations dans les résultats entre zones économiques exclusives (ZEE), le score mondial cumulé le plus récent est de 60 sur 100, un résultat inchangé depuis le lancement de cette initiative en 2012. Ce score indique qu'il reste des progrès à faire pour mieux gérer les océans et ainsi pouvoir continuer à profiter des bienfaits qu'ils apportent aux êtres humains.
 
« Nous sommes très contents d'annoncer les résultats de cette année car ils permettent, pour la première fois, de voir comment la santé des océans change pour chaque pays, ainsi qu'à l'échelle mondiale », à déclaré Ben Halpern, professeur à la faculté de gestion et sciences de l'environnement à l'université de Santa Barbara, et principal scientifique impliqué dans l'élaboration de cet indice. « Les Nations unies, les organisations internationales et tous les pays concernés ont reconnu l'utilité de cet indice pour évaluer comment nous gérons nos océans ainsi que les changements que nous devons opérer. Avoir suscité un tel intérêt, un peu plus d'un an seulement après le lancement de l'index, est vraiment remarquable, et c'est très encourageant. »
 
L'Indice de la santé des océans est calculé sur la base de 10 objectifs :
Objectif
Score 2013 de l'Indice de la santé des océans
Opportunités de pêche artisanale
95
Biodiversité
85
Subsistance et économies sur les côtes
82
Propreté de l’eau
78
Stockage du carbone      
74
Protection des côtes        
63
Sentiment d'appartenance
60
Tourisme et loisirs
39
Produits naturels
31
Approvisionnement en nourriture
30
 
L'Indice de la santé des océans évalue à quel point nous utilisons de manière responsable les ressources et bénéfices procurés par les océans. Il est un outil pour les législateurs et les entreprises partout dans le monde. Il évalue 10 indicateurs de la santé des océans, où un océan est définit comme sain s'il apporte un ensemble de bénéfices aux populations, maintenant et pour l'avenir. L'Indice est le fruit d'une collaboration entre plusieurs scientifiques menés par Ben Halpern du National Center for Ecological Analysis and Synthesis (Centre national pour la synthèse et l'analyse écologique, NCEAS) à l'université de Santa Barbara et notamment le projet de l'université de Colombie britannique Sea Around Us, Conservation International, le National Geographic, le New England Aquarium et un vaste ensemble d'universités, d'organisations gouvernementales et non-gouvernementales.
 
L'approvisionnement alimentaire obtient le plus mauvais résultat parmi les objectifs fixés dans l'Indice.
Avec un score de 30 sur 100, l'approvisionnement alimentaire tiré de la pêche sauvage et d'élevage était le plus mauvais résultat. Neuf des dix meilleures régions pour la production alimentaire étaient des pays de la zone Pacifique - les îles Salomon, Tuvalu, Palau, Marshall, Vanuatu, Wallis et Futuna, la Papouasie Nouvelle Guinée, Nauru et la Nouvelle Calédonie. Ces pays sont particulièrement importants parce que la moitié de la production mondiale de thon provient de leurs eaux territoriales. Neuf des pays ayant pêché le plus de poissons en 2010 - la Chine, l'Indonésie, l'Inde, les États-Unis, le Pérou, le Japon, la Russie, le Chili et la Norvège - ont obtenu un score moyen de 28, soit deux points de moins que la moyenne mondiale. Les résultats reflètent le statut des pêcheries au sein des ZEE de chaque pays. Les prises faites par les pays, y compris pour certains pays responsables des plus grosses quantités de prises listés ci-dessus, ont un impact sur les scores des ZEE de pays qui pêchent sur des territoires distants. Quarante-neuf pays ou territoires ont obtenu un score de 10 ou moins.
 
« L'Indice de la santé des océans mesure à quel point nous produisons des poissons et fruits de mer de manière responsable, que ce soit sous la forme de pêche sauvage ou d'élevage. Le résultat de 30 sur 100 pour l'approvisionnement alimentaire indique que la sécurité alimentaire est menacée, notamment dans les parties du monde qui dépendent principalement de la pêche pour leur apport en protéines de haute qualité », a déclaré Andrew Rosenberg, directeur du Center for Science and Democracy at the Union of Concerned Scientists (Centre pour la science et la démocratie à l'Union des scientifiques inquiets). « Le poisson et les fruits de mer ont un rôle tout aussi important dans l'alimentation de chacun de nous. Nous devons faire mieux. »
 
Les sous-objectifs sont pondérés en fonction de la contribution quantitative au volume total de pêche par pays.
 
Principaux Pays
Résultat 2013 pour l'objectif d'approvisionnement alimentaire
(0-100)
Approvisionnement en nourriture
Score du sous-objectif
Pêcheries (poissons sauvages)
Approvisionnement en nourriture
Score du sous-objectif
Pisciculture (poissons d'élevage)
Chine
68
16
100
Indonésie
23
25
16
Inde
13
13
2
USA
40
41
11
Pérou
67
67
27
Japon
18
17
26
Russie
16
16
3
Chili
59
49
100
Norvège
59
34
100
 
« L'objectif d'approvisionnement alimentaire permet de bien comprendre les implications de notre gestion des ressources de la pêche partout dans le monde, a souligné Heather Tausig, vice-présidente en charge de la conservation au New England Aquarium. L'Indice révèle également que des opportunités existent pour rendre l'aquaculture plus responsable et pour accroître le niveau de production de la pêche d'élevage pour répondre à la demande mondiale en protéines. »
 
La méthode pour calculer l'approvisionnement alimentaire a été améliorée en 2013. Une équipe de scientifiques a développé une nouvelle manière d'évaluer la production maximale responsable pour les différents stocks pour lesquels les données étaient insuffisantes dans le passé. Ce nouvel indicateur est important à la fois pour l'Indice de la santé des océans et pour les autres indicateurs de pêcherie. La nouvelle méthode a aussi été appliquée aux résultats de 2012 afin de pouvoir les comparer à ceux de 2013. Cela a entraîné des modifications dans certains des résultats annoncés en 2012.
 
Les nations insulaires et l'Europe obtiennent les meilleurs résultats.
Les territoires ou pays insulaires ont obtenu les dix meilleurs scores, avec à leur tête les zones les plus difficiles d'accès des océans de l'hémisphère sud et du Pacifique Sud. Les îles Heard et McDonald ont décroché le meilleur résultat, 94, de toutes les régions habitées, alors que la population ne s'élève qu'à 110 personnes. Avec 84, Bonaire a obtenu le quatrième meilleur score pour une ZEE et le meilleur résultat pour un pays d'une population de plus de 10 000 personnes. Les Seychelles, avec 77, ont décroché le meilleur score pour une population de plus de 50 000 personnes. La Croatie, à 75, arrive première des pays de plus d'un million d'habitants, et la France, avec un score de 73, caracole en tête des pays de plus de 50 millions d'habitants. Les pays d'Europe de l'ouest ont obtenu des résultats relativement bons : Pays-Bas (score 74, 17e rang), France (73, 23e), Belgique (72, 31e), Monaco (70, 40e) et Allemagne (68, 55e), ont tous décroché de meilleurs résultats que la moyenne mondiale de 60.
 
« Les résultats de l'Indice nous donnent un aperçu intéressant de la diversité des nations qui peuvent obtenir un bon score quant à la santé de leurs océans. En apparence, l'activité humaine semble n'avoir que peu ou pas d'impact dans beaucoup de pays ou régions, mais on constate aussi qu'il y a des pays très densément peuplés d'Europe qui obtiennent un score au-dessus de la moyenne mondiale, fait remarquer le professeur Greg Stone, vice-président exécutif du Betty and Gordon Moore Center for Science and Oceans (Centre pour la science et les océans) à Conservation International. Cela démontre que l'activité humaine a un impact sur la santé des océans, mais aussi que les pays densément peuplés et fortement industrialisés qui ont de meilleurs systèmes de gestion en place pour leurs ZEE, comme c'est le cas pour beaucoup de pays européens, peuvent obtenir de bons résultats à l'Indice de la santé des océans. »
 
La richesse n'implique pas nécessairement des océans sains
Les pays les plus riches ont le plus fort impact sur l'industrie et la politique, donc leurs résultats à l'Indice sont importants pour la santé des océans, mais il n'y a qu'une faible corrélation entre leurs performances économiques, mesurées avec le PIB, et leurs scores à l'Indice de la santé des océans. La moyenne des scores des pays ayant les PIB les plus élevés était de 65, ce qui est au-dessus de la moyenne mondiale mais toujours insuffisant.
 
Certains des pays les plus riches (sur la base de leur PIB) sont en bas de l'Indice de la santé des Océans.
Une grande partie des pays avec les plus mauvais scores - la Corée du Nord, la Somalie, l'Angola, le Pakistan, la Guinée, la Côte d'Ivoire, Haïti, le Liberia, la République Démocratique du Congo et la Guinée Bissau - sont soit pauvres, soit ont récemment connu des guerres, conflits civils ou ethniques, dictatures ou bien une piètre gouvernance. De telles conditions pèsent sur les ressources ou les opportunités de prendre les mesures nécessaires pour remédier à la pression sociale et environnementale exercée sur les océans.
5 plus grands pays en termes de PIB
 
Pays
Classement en fonction du PIB
Classement dans l'Indice de la santé des océans
Score à l'Indice de la santé des océans
États-Unis
1
115
62
Chine
2
165
56
Japon
3
89
65
Allemagne
4
75
68
France
5
23
73
 
 
Protection des côtes
Dans l'ensemble, les océans ont obtenu 63 pour l'objectif protection des côtes, qui mesure la présence d'habitats côtiers, comme les forêts de mangrove, les verdières et prés salés, les récifs coralliens et la glace marine qui servent à protéger les côtes des tempêtes et des inondations côtières. Un score en-dessous de 100 indique un déclin dans la zone et les conditions de ces habitats naturels clés pour la protection des côtes contre les tempêtes. Quarante-cinq pays qui se situent sur la trajectoire annuelle des cyclones tropicaux ont obtenu un score de 52 sur 100. Parmi les pays dont la population est supérieure à 10 millions d'habitants, le score moyen est de 51 seulement.
 
Des études récentes ont démontré que les cyclones tropicaux coûtent environ 26 milliards de dollars par an en pertes matérielles. « Les habitats côtiers permettent de limiter les dommages causés par les tempêtes donc il était important d'inclure la notion de protection côtière en tant qu'objectif dans l'Indice de la santé des océans. Nous devons nous efforcer de réhabiliter les habitats côtiers qui constituent une protection naturelle dans les régions particulièrement exposées aux tempêtes, et combiner cela au génie civile et à une bonne gestion des côtes », a affirmé Elizabeth Selig, directrice en charge de la science maritime à Conservation International.
 
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À propos de l'Indice de la santé des océans  –  L'Indice de la santé des océans est le premier outil d'évaluation scientifique qui compile et compare les éléments clés de tous les facteurs - biologique, physique, économique, social - contribuant à la santé des océans. Les dix objectifs de l'Indice apportent aux dirigeants l'ensemble des informations dont ils ont besoin pour promouvoir un écosystème humains-océans plus responsable. L'Indice peut être utilisé à l'échelle mondiale, régionale ou locale, sur une zone ciblée. Il permet de comparer directement différents aspects de la santé des océans, et différents lieux d'une manière qui n'est pas possible avec les outils d'évaluation actuels.
 
L'Indice de la santé des océans a été développé grâce à la collaboration de plus de 65 centres océanographiques, dont le National Center for Ecological Analysis and Synthesis (Centre national pour la synthèse et l'analyse écologique) et le Projet 'Sea around us' de l'université de Colombie britannique. Les partenaires fondateurs de l'Indice sont Conservation International, le National Geographic, et le New England Aquarium. Le commanditaire fondateur de l'Indice est la Pacific Life Foundation. Beau and Heather Wrigley ont offert la dotation financière de départ. Pour obtenir plus d'informations rendez-vous surwww.oceanhealthindex.org ou sur Facebook ou Twitter.
 
Vous trouverez ci-dessous la carte des résultats à l'Indice. Pour en savoir plus sur la santé des océans et pour voir en détails les résultats de l'Indice, rendez-vous sur http://oceanhealthindex.org, et pour télécharger toutes les données et résultats utilisés au cours de ce projet, rendez-vous sur http://ohi.nceas.ucsb.edu/data ; les 2 sites Internet seront disponibles lorsque l'embargo sur la publication des résultats sera levé.
 
Résultats sous format Excel: http://bit.ly/15abqoe
 
Pour télécharger des photos pouvant être publiées avec mention correcte, cliquez ici : http://bit.ly/19pQ7Pg
 
Nature, August 2012 – “An index to access the health and benefits of the global ocean”: http://bit.ly/1fOQn1v
 
Pour visionner les entretiens avec des experts, et des vidéos portant sur l'Indice de la santé des océans, cliquez ici : https://vimeo.com/channels/oceanhealthindex
 
Principaux interlocuteurs :
 
Ben Halpern
NCEAS
+1 (0)805 259 7474 (portable)
halpern@nceas.ucsb.edu
 
Andy Rosenberg
Union of Concerned Scientists
(précédemment Conservation International)
+1 (0)603,767 9501 (portable)
arosenberg@ucsusa.org
 
Steve Katona
Conservation International
+1 (0)207,266 6018 (portable)
s.katona@conservation.org