À Durban, quatre voies vers le progrès

11/24/2011

Le temps étant compté, les difficultés mondiales exigent des solutions mondiales ; les nations doivent mettre en place une nouvelle coopération à l’occasion des négociations de la CCNUCC en Afrique du Sud

Arlington VA– La fenêtre d’opportunités qui permettrait de faire cesser les changements climatiques se referme rapidement et exige des actions urgentes, collectives et créatives de la part des nations à l’occasion du Sommet des Nations Unies sur le climat, à Durban, afin d’éviter des conséquences dangereuses et potentiellement irréversibles sur la vie sur terre.

Ce sont là quelques-uns des points essentiels que Conservation International (CI), accompagné d’une délégation d’experts scientifiques, sociaux et politiques provenant de pays industrialisés et émergents à travers le monde, présentera aux dirigeants des nations à Durban, en Afrique du Sud, entre le 28 novembre et le 9 décembre à l’occasion de la 17ème Conférence des parties (CdP 17) de la Convention cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC).

À Durban, où les négociateurs devront prendre des décisions difficiles au sujet de l’avenir du Protocole de Kyoto sur la limitation des émissions, dont la première période d’engagement prendra fin en 2012, l’accent sera mis sur l’avenir du Protocole et sur un programme de travail pour mettre en place un traité exécutoire complet sur le climat mondial dans les prochaines années. Toutefois, Conservation International pense qu’un progrès significatif peut et sera réalisé cette année, si des accords immédiats sont mis en place dans un minimum de quatre domaines parmi les plus importants:
  1. Un mandat pour un nouvel accord juridique sur le climat avec des engagements significatifs de la part des nations émettrices. Même si les pays n’ont pas à conclure de nouveau traité sur le climat à Durban, ils doivent négocier avec l’intention explicite d’aller dans le sens d’un nouveau cadre juridique pour tous les pays.
  2. Des décisions détaillées sur la REDD+ imposant aux pays des règles claires, communes et rigoureuses afin qu’ils puissent mettre en œuvre, notifier et mesurer l’action de la REDD+ de sorte à garantir un investissement intéressant.
  3. Des directives permettant de rendre opérationnel le Fonds vert pour le climat, créé de manière conceptuelle par les Accords de Cancún. Ces directives devront dresser un schéma financier permettant de gérer l’argent du climat et allouant au moins 50% du financement à l’adaptation.
  4. La conception et la création d’un Comité d’adaptation avec une forte représentation des pays émergents et des pays plus défavorisés, dont la fonction sera de soutenir l’action pour l’adaptation internationale dans le futur et d’établir des liens avec les mécanismes de financement qui financent et sustentent les activités liées à l’adaptation.

«Il nous faut absolument obtenir rapidement un traité complet sur le climat, qui placerait l’adaptation aux effets des changements climatiques et leur atténuation en première priorité des programmes de stratégie mondiale, de développement et économiques. Mais en ce qui concerne ces détails clés, les parties réunies à Durban peuvent prendre cette année des mesures concrètes, en créant les conditions favorables permettant à la REDD+ de devenir le mécanisme de transformation en matière d’atténuation et de conservation dont nous savons qu’elle a le potentiel», a déclaré Rebecca Chacko, Directrice principale de CI pour la stratégie climatique internationale.

Bénéficiant d’une expertise approfondie en matière de schéma de réduction des émissions, connu sous le nom de REDD+ (Réduction des émissions causées par le déboisement et la dégradation des forêts plus conservation) et d’adaptation climatique, Conservation International et ses partenaires ont travaillé pendant des années à la mise en œuvre de projets pilotes au niveau local, territorial et national dans quatre continents. Parmi les activités principales de CI, se trouvent les ateliers de formation et les conseils à la préparation à la REDD proposés dans 14 pays depuis 2007, à destination des gouvernements et des communautés indigènes; la modélisation économique et scientifique des interventions de déforestation et de la REDD+ permettant de prévoir les impacts et de déterminer des points de référence; ainsi que le pilotage de plusieurs projets d’adaptation basés sur les écosystèmes dans les pays vulnérables face aux changements climatiques, soumis comme exemples de réussites pour le programme de travail de Nairobi de la CCNUCC.

Dans le cadre de la stratégie pour la REDD+, Conservation International a souligné l’importance d’un accord entre les parties sur des décisions de sources de financement adéquates, prévisibles et durables, et qui permettraient d’inclure des sources publiques, du marché et innovantes.

«De manière réaliste, les 100 milliards de dollars par an promis par les pays industrialisés d’ici 2020 ne sont qu’un point de départ. Les estimations indiquent qu’entre 25 et 30 milliards de dollars par an seront nécessaires uniquement pour réduire les émissions causées par la déforestation. Il faudra bien plus pour s’adapter aux effets climatiques. Cela peut paraître des sommes considérables, en particulier en cette période économiquement difficile, mais la REDD+ est une méthode des plus immédiates et des plus rentables pour réduire les émissions mondiales, ralentir les changements climatiques et garantir que les forêts puissent prêter des services vitaux aux personnes ainsi qu’une biodiversité», a déclaré Chacko.

«De plus, selon les tous derniers rapports de l’Agence pour l’énergie internationale, chaque dollar non investi aujourd’hui dans ces mesures d’atténuation, nous coûtera à l’avenir plus de quatre dollars pour réparer les conséquences. Dans cette optique, la meilleure façon d’augmenter le financement nécessaire est de combiner les sources de financement publiques et du marché pour la REDD+.»

Pour garantir à ces différentes sources que la REDD+ est un investissement sûr, Conservation International conseille aux parties présentes à Durban de mener des approches communes dans trois domaines principaux:

  • Niveaux de référence: Il nous faut des directives claires et rigoureuses pour les niveaux de référence nationaux, de sorte que les actions en faveur de la REDD+ soient un investissement intéressant.
  • MRV: Il nous faut des directives claires sur la façon dont les pays mesurent, notifient et vérifient les réductions d’émissions afin que les investisseurs soient assurés que les actions menées dans le cadre de la REDD+ engendrent bien une atténuation réelle des effets des changements climatiques.
  • Garde-fous: Il nous faut des directives de sorte que les pays puissent donner des informations claires sur la REDD+ et afin que nous ayons la certitude qu’elle sera bénéfique socialement et pour l’environnement, tout en garantissant les droits et la participation active des indigènes et des communautés locales.

Au sujet du Protocole de Kyoto et de la réduction des émissions, Dr. Fred Boltz, vice-président principal des initiatives mondiales et de la direction des changements climatiques chez CI a déclaré, «Il n’y a aucun doute, le Protocole de Kyoto est important et les parties devraient faire tout leur possible pour le préserver et éviter les remises en question à Durban. Toutefois, le Protocole ne pourra pas accomplir les réductions nécessaires à lui seul. Nous devons travailler à la rédaction d’un traité complet sur le climat, qui responsabilise tous les pays face à l’objectif de réduction des émissions, conformément à une responsabilité commune mais différentiée, c’est-à-dire que les pays industrialisés et les émetteurs historiques doivent avoir une plus grande responsabilité.»

Carlos Manuel Rodriguez, vice-président de la stratégie internationale chez CI, et ancien ministre de l’environnement du Costa Rica a insisté, «Le temps n’est plus aux positions rigides ou absolues. Les changements climatiques sont un problème mondial qui exige des solutions mondiales. Il est donc essentiel que les parties soient prêtes à remonter leurs manches, à faire preuve d’un vrai leadership et à trouver un terrain d’entente.»

En accord sur ce point, Dr. Boltz a ajouté, «Nous ne pouvons tout simplement pas continuer à tergiverser. Les changements climatiques n’attendront pas le consensus politique».

«Chaque fois que les pays remettent cette question à plus tard, les conséquences potentielles s’intensifient. Les données scientifiques dont nous disposons nous avertissent que le compte-à-rebours vers des changements climatiques irréversibles a déjà commencé et elles prévoient qu’il nous reste à peine cinq ans pour changer le cours des choses. C’est donc au cours de cette décennie que nous devons aborder ce problème. Et non en 2020. Dans le cas contraire nous ferions preuve d’une grande irresponsabilité.»

«Il existe des solutions à portée de main et des intérêts personnels qui pourraient nous motiver à agir», a souligné Rodriguez. «Je nourris l’espoir que les pays mettent à profit la bonne volonté dont ils ont fait preuve à Cancún l’année passée, et qu’ils prennent des décisions substantifiques à Durban pour nous permettre de maximiser ces solutions pour le bien de tous les pays. Nos futurs sont liés. Ce sont les décisions les plus importantes que nous prendrons pour nos enfants.»

###

Plus d’informations sur: www.conservation.org/COP17

Notes aux éditeurs:

Conservation International (CI) — Fondé sur la base solide de la science, des partenariats et des démonstrations sur terrain, CI renforce la capacité des sociétés humaines à prendre soin de la nature, notre biodiversité dans son ensemble, de façon responsable et pérenne pour le bien-être de l’humanité. Fondé en 1987, CI a son siège dans la région de Washington DC, travaillant dans plus de 30 pays, quatre continents, avec 900 employés et plus de 1000 partenaires autour du globe. Pour plus d'informations, visitez: www.conservation.org. Vous pouvez également nous suivre sur Twitter: @ConservationOrg ou Facebook www.facebook.com/conservation.intl